Un post intéressant chez Sofiane, qui nous explique et discute une théorie selon laquelle manger du chocolat apporte plus de plaisir qu'un baiser langoureux (on aura tout entendu!), m'a laissée perplexe. Jusqu'où iront les scientifiques? Comment peut-on comparer un phénomène purement chimique, et des émotions? Dois-je en déduire que certaines personnes n'éprouvent aucune émotion, seulement du plaisir chimique, quantifiable en hausse de l'activité cérébrale?
Bref, après avoir lu ce post, je me suis dit que moi aussi je pourrais me transformer en scientifique du dimanche (on est samedi, je sais).
Alors préparez vous à me lire (ou pas) sur le sujet suivant:
Porter de nouvelles chaussures très serrées avec des talons très hauts et très fins apporte-t-il plus de douleur (et d'ampoules aux pieds) qu'une rupture sentimentale après une très longue relation amoureuse?
Effectivement, c'est une bonne question, car toutes celles qui ont déjà expérimenté les deux (oui celles, car je pars du principe que les critères de la chaussure décrite ci dessus en font une chaussure de femme), je disais donc toutes celles qui ont déjà expérimenté les deux savent que chacune de ces expériences apporte énormément de douleur. La question est donc de savoir quelle expérience en apporte le plus (de douleur). Pour répondre à cette question, nous décrirons d'abord chacun de ces traumatismes, puis nous établirons une comparaison entre les deux. (Le fait que j'annonce un plan ne veut pas dire que j'y adhèrerai, d'abord c'est mon blog, et pis j'y écris c'que j'veux, en plus, na!).
Lors d'une rupture (généralement lorsqu'on n'est pas à l'origine de la décision de rompre), on éprouve une "foultitude" de sentiments, difficiles à disséquer en raison de l'ambiance tragico-pathétique qui règne dans notre petite tête à ce moment-là. Mais pour schématiser, disons qu'il peut exister deux cas-type de réaction à la rupture:
-"Ah ouais? eh ben vas te faire fo*tre, connard, enfoiré, raclure de bidet!" On s'énerve, on claque une porte (ou alors on claque le connard sus-mentionné), on jure qu'on ne ressortira plus avec un mec, on se reconverti en lesbienne et/ou en féministe.
-"Mais enfin, Jason, comment peux-tu me faire cela, moi qui t'aime tant? Et dire que je porte l'enfant de ton demi-frère, j'ai besoin de toi, ne me quitte pas mon chéri, je t'en prie. Rhett, you can't leave me i know you love me". Enfin bref, vous saisissez le tableau que je vous dépeints (si subtilement, il est vrai, mais faites un effort!). On pleure, on supplie, on cajole, on pleure, on flingue des camionnées de paquets de kleenex, on s'appitoie sur notre sort, pauvre de nous, on ne demandait qu'à l'aimer et se faire aimer de lui, le pauvre, il doit sans doute avoir des circonstances très dures (à ce moment-là, on ne se doute pas une seconde qu'être un connard qui ne peut pas voir toute notre beauté splendide ne constitue pas une circonstance très dure. Quoique, est-ce que c'est dur d'être un connard, ou alors facile vu que généralement on ne se rend pas compte qu'on en est un?)
Bref, dans l'option numéro deux, on a encore plus mal que dans l'option numéro un, vu qu'on porte notre blessure en bandoulière et on se fout la honte ridiculise, tout le monde a pitié de nous, ce qui fait mal (généralement après coup), ou alors tout le monde se moque de nous, ce qui fait mal (généralement sur le coup).
Alors passons maintenant à la douleur des chaussures toutes neuves très serrées, aux talons très hauts et très fins. Lorsqu'on porte ce genre de chaussures (en général une seule fois, sinon on peut être internée en hôpital psychiatrique pour masochisme hautement destructeur, représentant un danger pour nous même et pour autrui) (et aussi parce que si on les porte une deuxième fois, elles sont plus neuves, pardi!), on éprouve une douleur de deux ordres:
-La douleur physique: Les chaussures, ça mord les petons.
Ca fait très mal, et ça cause ce qu'on appelle communément des ampoules. D'ailleurs on ne voit pas pourquoi ça s'appelle des ampoules, vu que c'est loin d'éclairer notre humeur. On boîte, on claudique, on marche comme Lucy l'australopithèque, enfin bref, on est très loin de l'image de glamour qu'on se voyait déjà offrir lorsqu'on a décidé de dépenser l'équivalent d'un mois de salaire dans une paire de chaussures.
- Cette douleur physique affecte également notre humeur: On devient aussi aggressive qu'un chien enragé. Lorsqu'un inconsicent a le malheur de nous dire bonjour, on lui aboie "Non mais ça va pas de me parler comme ça? Pour qui tu te prends, là? Tu veux mon poing sur la gueule/mon pied au cul?"
De plus, on se sent tellement ridicule avec notre démarche de Lucy in the sky with diamonds la boîteuse, qu'on en devient paranoïaque. Le moindre regard et on s'imagine que tout le monde se moque de nous, on entend quelqu'un rire et on s'imagine tout de suite que c'est de nous (et ce même si l'individu en question est assis devant un épisode de Friends). C'est sans doute le cas de toute manière, mais en avoir conscience de façon aussi précise fait encore plus mal.
Voilà, vous devriez maintenant bien vous souvenir (ou imaginer si vous êtes un garçon, veinard!) de ces deux douleurs bien distinctes, passons à présent à la comparaison.
Pour ce qui est des points communs, les deux douleurs semblent affecter le moral de la personne:
1) Perte de confiance en soi:
rupture: oui, "plus personne ne voudra de moi je ne vaux rien je suis trop nulle je me demande même pourquoi il est sorti avec moi pour commencer tiens je vais me goinfrer de chocolat"
morsure de chaussures: oui, "j'ai l'air trop ridicule avec ma démarche claudiquante les gens doivent me prendre pour un clown/une alcoolique/une cocaïnomane je ne vais plus sortir de chez moi"
2) paranoïa aigüe:
-rupture: "pourquoi elle me regarde comme ça, elle? elle croit que j'ai besoin de sa pitié? non mais ho on aura tout vu dis donc", pense-t-on en voyant une passante passer (comme son nom l'indique) devant nous.
-morsure de chaussures: "pourquoi ils rigolent les deux adolescents boutonneux? ils rigolent bien de voir une pauvre dame âgée (de vingt ans moins le quart) boitiller devant eux! bande de mal élevés, vous verrez les malheurs et les mauvais sorts que vous réserve la vie, à vous aussi. J'espère que vous serez chauves à trente ans et que tous les poils que vous perdrez de la tête repousseront sur vos sourcils, oreilles et narines." pense-t-on en voyant deux adolescents innocents (enfin bon, dans la limite du possible), ricaner bêtement en feuilletant un play-boy.
Pour ce qui est de l'effet physique de la chose, nous introduirons une nuance.
1) Il semblerait effectivement que dans le cas de la rupture sentimentale, le moral déteint sur le physique: on se sous-estime, on arrête de se maquiller, de prendre soin de sa plastique de rêve (qui vire donc au cauchemar) et on ne porte plus que des sweat-shirts difformes, ce qui nous donne à notre tour l'air d'être difformes (comme généralement on a soigné son coeur au chocolat, ça peut être plus qu'une impression).
2) Tandis que dans le cas des chaussures, le physique détériore le moral... On a une horrible ampoule (ou plusieurs) qui nous gâche la vie, on saigne, on boîte et on a une démarche peu élégante, comme nous l'avons décrite plus haut. Difficile de se sentir belle, sexy, glamour, distinguée... bref vous voyez ce que je veux dire. On rentre la tête dans les épaules et on remonte les épaules autour de la tête de façon à cacher ses oreilles, on baisse les yeux et on marche comme un ouvrier du bâtiment (je n'ai rien contre ce métier, mais vous conviendrez qu'il y a mieux pour séduire la gent masculine, sauf si cette gent masculine s'appelle les Village People).
Voilà, donc nous avons (brillamment) démontré que si une rupture sentimentale et porter des chaussures "trop neuves trop serrées aux talons trop hauts et trop fins" apportent de la douleur physique et psychique à la fois, il importe tout de même de ne pas exagérer et garder les choses dans leurs proportions. Une rupture peut laisser des traces à vie, surtout après une très longue relation, tandis que des ampoules aux pieds avec quelques compeed et une bonne pédicure, c'est oublié en quelques jours.
Et sans déconner, je n'ai jamais vu quelqu'un se saoûler/abuser des chocolats/s'ouvrir les veines après avoir attrapé des ampoules aux pieds.
A bon rigoleur, salut!
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