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lundi 15 janv. 2007

L'engagement Citoyen dans un Maroc en mouvement

Samedi 13 janvier s'est tenu à Tanger un colloque sur le thème "L'engagement citoyen dans un Maroc en mouvement", organisé par l'association à but culturel Convergence 21.

Sur la liste des intervenants se trouvaient notamment Felipe Gonzales ancien président du gouvernement espagnol, Ali Bouabid, président de la fondation Bouabid, Nezha Sqalli, députée PPS, Abdelhay Moudden, politologue, professeur universitaire et ancien membre de l'Instance Equité et Réconciliation et Abdelmounaïm Dilami, président du groupe de presse L'Economiste.

Je ne tiens pas à infliger à mes chers lecteurs un compte rendu exhaustif de la conférence, qui en fait traitait de l'engagement politique et citoyen des jeunes dans le paysage marocain.

Mais je vais simplement rapporter certaines remarques et suggestions qui me semblent pertinentes.

    Commençons par rappeler que l'éducation est à la base de tout. Et quand on dit éducation, cela englobe aussi bien l'éducation à la maison que l'enseignement. En effet, développer un esprit critique et une tradition de la discussion et du débat à la maison et à l'école nous évitera de nous retrouver dans une société ou le plus jeune a toujours tort, et s'il ose répondre c'est qu'il est un insolent fini. Comme l'a brillamment souligné M. Ali Bouabid, nous devons pouvoir opposer l'argument rationnel à l'autorité; que celui qui est au pouvoir n'ait pas raison en toutes circonstances, simplement parce qu'on n'a pas le droit de le contredire.

    Ensuite, il est important de dire que si les jeunes sont désengagés de la vie politique aujourd'hui, c'est peut-être par manque de transparence. En effet, nous avons à faire à des partis au fonctionnement obscur, où les élections internes sont mystérieuses. Et les élections internes sont bel et bien un reflet des externes... Il est donc difficile de reprocher aux jeunes leur manque de confiance envers la vie politique.

    En outre, au sein de ces mêmes partis, la gérontocratie est de mise. Et si je n'ai rien contre les aînés, je leur reproche par contre d'avoir retourné leur veste. Les mêmes qui risquaient leur vie et leur liberté il y a 30 ans pour la démocratie sont aujourd'hui confortablement installés dans des fauteuils de cuir, et caressent le pouvoir dans le sens du poil pour ne pas se mettre en péril. Comment les trouver crédibles ou légitimes dans de telles circonstances?

    Quant à la crainte des voix de la masse, évoquée par Monsieur Moudden, je dirais simplement que si la classe dirigeante avait la conscience en paix, elle n'aurait pas peur des résultats des prochaines élections. Si la classe populaire n'est pas opprimée, elle ne voterait pour rien de radical, et nous avancerions tous dans la même direction, celle du progrès. En effet, comme disait Talleyrand "on peut tout faire avec des baïonnettes, sauf s'asseoir dessus." A force d'entretenir un rapport de haine/crainte avec plus de la moitié du peuple marocain, d'autres plus futés en profiterons pour s'en faire des alliés, et nous finirons par nous en mordre les doigts.

    Enfin, pour tous les jeunes, qui sont sans doute les plus nombreux à me lire, sachez que si on ne participe pas à la vie civile et politique, on ne peut pas se plaindre des résultats après coup. Si vous ne consacrez pas quelques heures en septembre prochain pour aller voter, il ne faudra pas pleurer sur les boîtes de nuit disparues, les bikinis interdits et l'alcool prohibé. Les universités non-mixtes, l'interdiction des journaux indépendants et un gouvernement islamico-fascite qui dirige tout ça, ne seront un cauchemar lointain que si nous nous mobilisons tous.

Alors ALLONS TOUS VOTER, NOUS SOMMES TOUS CONCERNES!!


Pour finir sur une note un peu plus légère, j'ai retenu deux phrases très fines de Monsieur Gonzales (qui a été assailli par les journalistes à la fin de la conférence, je n'ai donc pas de photo avec lui...).

    "Lorsqu'un politicien vous dit dans un discours : 'le futur est à vous!'; cela peut sembler évident, mais il faut comprendre au second degré: 'ben oui il est à vous, à qui voulez vous qu'il soit, à moi peut-être? vous avez 40 ans de moins que moi! alors s'il vous plaît, soyez patients, j'ai bientôt fini mon tour. Ce sera à vous dans un instant. Le futur est à vous, mais le présent est encore à moi!' "

    "Mon ami Fidel Castro me disait: 'Je me sacrifie pour Cuba'. Je lui ai alors répondu ' C'est très noble Fidel, mais pourquoi ne demandes-tu pas à ton peuple s'il a vraiment envie que tu continues ton sacrifice?"

    Je salue tant d'intelligence du discours, tant de finesse. C'est ainsi qu'on réussit à faire passer des grandes idées, avec la subtilité et la patience, et non pas avec de gros sabots.

    Ces suggestions et remarques, je les ai communiquées aux intervenants lors du débat avec le public qui a suivi la conférence, et elles ont apparemment semblé des plus pertinentes.

    J'aimerais à titre moins officiel souligner la gentillesse et la modestie de Mme Sqalli et M. Bouabid, qui se sont montrés très aimables avec moi et ont encouragé une jeunesse engagée. J'aimerais que plus de politiques soient aussi accessibles et réalistes.

Photo retirée sur demande du principal intéressé, qui la trouvait immonde ^^

Monsieur Ali Bouabid et moi.

Colloque_felipe_gonzales_006_1

Madame Nezha Sqalli et moi.

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Voici les sites qui parlent de L'engagement Citoyen dans un Maroc en mouvement:

Commentaires

Je partage totalement ton analyse. Pas grand chose à ajouter... Je suis particulièrement d'accord sur ce que tu écris sur la culture du débat.
Nous vivons dans une société qui exclut culture du débat et esprit critique : il ne faut jamais discuter une décision parentale, et il faut apprendre mécaniquement le coran dans les écoles coraniques (presque phonétiquement)... au risque de passer à côté de la vraie richesse du texte.

Les remarques de Gonzales sont très drôles et très vraies. Il est bien ce gars. Maintenant que l'Espagne ne s'en sert plus, ils peuvent nous le prêter comme premier ministre?

Et j'aime beaucoup les photos. Elle est jolie la jeunesse engagée marocaine :)

Je suis d'accord sur le principe certes, mais notre malheur est que la politique aujourd'hui ne sucite pas le débat.
Tout le monde parle de l'après 2007, des islamistes, du premier ministre partisan, de la révision de la constitution, mais personne n'ose toucher le fond du problème : qu'attend le marocain lambda de ses gouvernants? Dans quelle limite un élu peut influencer positivement le quotidien de l'électeur? Combien faudra-t-il de temps pour éradiquer la pauvreté, l'analphabétisme, le sous-développement, ... ?
D'ici là, on a beau incité les gens à voter, mais le feront-ils?

Prière de laisser le sujet de la religion à part, la religion est une chose sacrée, elle doit être traitée soit dans les mosquées, soit chacun dans son propre foyer. Ne mélanger pas la religion et la politique, car c'est très dangereux (exemple Algérie) et surtout, si nous sommes tous conscients de que la politique est la science qui étudie l'art de comment tromper tout un peuple.
Quand à Mr. Felipe Gonzalez, et bien je demande un peu de respect pour lui, les critiques doivent être dans un sens constructif.
Nous Marocains, nous n'avons personne dont nous pouvons en être fier. Lisez la bibliographie de ce monsieur et juger le après.

Sincères salutations.

oh oui qu'elle est belle la jeunesse marocaine!!!

sinon, sur le fond, moi je suis pour la monarchie, et/ou un système aristocratique méritocratique, et/ou des grands électeurs, et/ou une démocratie tocquevillienne. Enfin je me comprends.

kisses!!!!

Bon, c'est bien joli tout ça, mais ça ne répond pas à la question que je me pose depuis tout à l'heure: Il y a des feuilletés de saumon au buffet? ^^

Chère Meriem, je me presente, je suis un bloggeur de Tunis. J'aime bien ton blog. Autrement, pour reagir à ton article le constat que tu fait me rend triste. Il semblerait que le funeste future politique qu'on vous predise touchera ineluctablement une bonne partie des pays de l'Afrique du nord, ou du moins ce qui en reste. Nous avons voulut etre les pionniers qui monterent le chemin vers le progres et l'emancipation et voila qu'on est menacés d'etre rattraper par notre passé. Bref, je garde cependant espoir car s'il y a 100 jeunes qui partagent tes idees alors peut etre que tout n'est pas perdu enfin de compte. Courage et bonne continuation.

Chere Merieme, c'est encore moi le bloggeur de Tunis. Cette fois ci je te laisse le message suivant sut ton blog car je n'arrive pas à l'envoyer à ton email. Ton article intitulé "Meriem et ses aventures télévisuelles" et tres interesant. me permets tu de le reproduire dans mon blog tout en indicant la source et l'auteur bien evidement. J'attend ta réponse (takkou@hispavista.com). En attendant je t'exprime mes salutations amicales.

takkou> oui bien sûr, ma réponse est oui. (tant que tu cites gentiment la source ;) )
merci pour ton intérêt, c'est flatteur!

Ahlan bik ya Meriem, aujourd'hui j'ai posté ton article à propos du paysage audiovisuel arabe dans mon blog. Tu peux jetter un coup d'oeil si tu veux à l'adresse suivante : www.je-peux-dire-une-connerie.blogspot.com
A bientôt et bon blog

A quand la prochaine note ? 8-)

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