Soirée branchée à Marrakech
Parfois, dans la vie, on se retrouve contre notre volonté assise en boîte, trop fatiguée pour danser, à regarder le spectacle qu'offre la faune de la boîte d'un oeil morne. Puis on se dit: " faisons contre mauvaise fortune bon coeur, voilà une opportunité exceptionelle d'étudier minutieusement la jeunesse marrakchie dans toute sa bizarrerie déchéance splendeur!" Alors, observons!
₪ une fille vêtue d'une robe blanche sexy ultra moulante se déhanchait langoureusement près de ce qui semblait être... sa mère
₪ une lycéenne avec le forfait minijupe+décolleté, juchée sur une table se frottait soigneusement à un jeune mâle, tout en essayant en même temps de montrer sa petite culotte à toute la piste, pendant que ledit mâle, derrière elle, mimait avec une élégance rare une fessée.
₪ un monsieur, perché sur la table d'en face, imitait la démarche qu'aurait eue la progéniture d'une araignée de mer et d'un mammouth, ou alors il dansait, je ne saurais dire avec certitude...
₪ un gars, en plein coeur de la piste, vêtu d'un treillis militaire et d'un t-shirt noir moulant se démenait comme si un petit farceur lui avait glissé une poignée de poil à gratter dans le dos
₪ une jeune demoiselle s'efforçait de reproduire la danse ultra sexy de Shakira (vous savez, celle dans "la tortura" avec les mains qui se balancent derrière les fesses), sauf que sur elle, ça ressemblait à un gorille aux bras trop longs, qui essayait désespérément de se gratter les fesses, mais qui n'avait pas encore découvert la magie du coude pliant.
₪ l'action man au poil à gratter, qui s'était visiblement envoyé quelques rails (de chemins de fer, bien sûr!) tentait à présent de se mordre l'omoplate gauche, tout en tortillant au son de la musique.
₪ la fille qui dansait avec sa maman, avait jeté son dévolu sur un nouveau cavalier... le serveur de notre carré...
₪ un autre serveur souffrait du syndrôme de celui-qui-croit-que-c'est-lui- qui-met-l'ambiance-dans-la-boîte-avec-sa-main, sauf qu'en plus, il se croyait à une concert de Lorie et agitait frénétiquement un briquet à bout de bras, jusqu'à ce qu'il se brûle la main et réalise que ce n'était pas tout à fait une idée brillante
₪ la fille à la mini, se rendant compte qu'un gars bourré au dernier tabouret du bar n'avait pas encore vu sa culotte, pleine de bonne volonté de partage (elle doit être communiste, cette brave enfant), se penchait à présent comme pour se gratter les orteils, tout en faisant frétiller son popotin.
₪ un type à la trentaine bedonnante, affublé d'un t-shirt blanc trop moulant et d'un jean trop serré et trop taille basse, se déchaînait au milieu de la piste avec des airs de dernier de la classe d'aérobic qui a mal appris les mouvements...
₪ un lourdeau accostait une fille avec une ligne d'accroche génialissime: "comment tu t'appelles?" (ciel, nous voilà revenus en maternelle! pourquoi pas "tu veux partager mon goûter, dis?")
₪ la folle fille à côté attrapait tous les bouts de papier qui lui tombaient sous la main et griffonait frénétiquement un compte rendu de cette soirée poilante, finalement, et pensait en soupirant d'aise à la perspective réjouissante du déjeuner du lendemain avec son chéri ;)
* photo non contractuelle: ça, c'est le pacha à son heure de gloire, maintenant à ressemble plus à un grand hangar blanc avec une poignée d'adolescents, et une autre poignée d'adolescents (dans leur tête)... et des serveurs obligés de danser pour faire croire que c'est toujours un endroit où on peut s'éclater... triste
Fait au Pacha de Marrakech, le 26/06/06, à 02:47, sur des tickets de caisse, de navette d'aéroport, et de métro (que dieu bénisse mon habitude de ne jamais jeter les papiers inutile, sinon cette expression de mon génie n'aurait jamais pu voir le jour!) (et que dieu bénisse ma modestie sans limites, aussi, par la même ^^)

Superbe exercice d'ethnologie appliquée. Levi Strauss n'aurait pas renié un travail d'une telle rigueur scientifique. C'est criant de vérité.
J'aime beaucoup le gorille et la magie du coude pliant :)
Rédigé par: lebaroude | le mardi 18 juil. 2006 à 14:01
Bslkamtek wahed l week end à marrakech. Demande à qui tu sais...
Rédigé par: Sanaa | le jeudi 20 juil. 2006 à 12:41
Superbe article.
En fin de compte, les sorties en boîtes peuvent s'avérer utiles ;P
Rédigé par: yahia | le vendredi 18 août 2006 à 00:40
Victimes d'une intoxication à l'échelle planétaire, d'un gigantesque et collectif lavage de cerveau, ils/elles imaginent qu'ils/elles pouvent tirer quelque chose de leur attroupement cocasse, c'est à dire l'irruption de l'irrationnel dans ce qu'il a de plus poétique et de moins maîtrisable au beau milieu d'une ville dont ils/elles n'auront guère droit de baptiser kech.
Aujourd'hui grâce à leur inepties ébouriffantes, le monde féerique de Ba Omar, Moulay Chrif et Lalla Moulati à Derbe Dabachi Sidi Youb..., va exécrer leur existence naussée comme un hybride monstrueux, un mélange aussi subtil qu'indéfinissable de chamans, de Ma3rft Malou, de Tanton qui vient dès que Papa sort et de psychopathes. C'est ainsi la sclérose intellectuelle.
Quant à moi je m'endors tous les soirs en rêvant aux tortures que je ferais subir à cette nuée de pervers schizoïdes qui errent dans les champs du snobism modaleu eloigné de la realité de la biodiversité biomorphique humaine, s'elles/ils venaient à me tomber sous la main. D'ailleur je ne suis pas le seul...
alhamdoallah hada ya3ni mazal wlad nnass f lmaghribe b7alek lli taychoufo b3ine dyal wa9e3.. Meriem!
Cordialement,
Soufian(mrrakchi)
Rédigé par: Fankach | le mardi 05 sept. 2006 à 07:25
C un travail formidable!!!
Rédigé par: ismail_k | le mercredi 22 nov. 2006 à 20:42